Tel un territoire flottant apparaissant timidement au large des côtes au levée du jour, comme une promesse de découvertes et d'aventures...l'île flottante est le dessert de tous les possibles.

Possibilité d'une île comme dirait Michel mais pas seulement. Si l'on envisage la chose sous un angle exclusivement culinaire, l'île flottante est la possibilité inespérée de faire de la chimie à un niveau bassement domestique, possibilité également de pousser loin l'art du ratage.

Une recette où il est question de mousse blanche et de pochage, il n'en fallait pas plus pour séduire la kamikaze que je suis

Ci-joint la recette telle que trouvée sur l'internet mondial

Ingrédients pour 4 Robinson :

- 4 oeufs
- 60 cl de lait
- 1 gousse de vanille
- 30 g d'amandes effilées
- 130 g de sucre en poudre
- 60 g de sucre en morceaux
- 1/2 citron
- 1 pincée de sel

Préparation de la recette :

Faire bouillir le lait avec la vanille. Laisser la vanille 5 min pour la faire infuser et la retirer.

Séparer les jaunes d'oeufs et les battre avec 80 g de sucre. Ajouter le lait chaud puis remettre sur feu doux pour faire épaissir le mélange. Agiter sans arrêt avec une cuillère en bois et sans faire bouillir la crème.

La crème est prise lorsque la mousse blanche en surface disparaît.

Mettre au réfrigérateur une fois la préparation refroidie.

Dans une grande casserole, mettre 2 l d'eau à bouillir. Monter les blancs en neige avec une pincée de sel et ajouter doucement 30 g de sucre.

Former des boules de blancs d'oeuf avec deux cuillères à soupe et les faire cuire toutes les faces dans de l'eau bouillante.

Compter 1 min et égoutter sur papier absorbant.

Dorer les amandes à la poêle.

Faire un caramel blond avec le sucre restant, un filet de citron et 2 cuillères à soupe d'eau.

Mettre la crème dans un plat creux. Y déposer les blancs puis décorer avec des filets de caramel et un peu d'amandes.

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Ci-dessus ma version qui peut sembler conforme à la recette de base, à un caramel près

Sauf qu'ami lecteur, cette recette a été accouché dans la douleur

Step 1 : la préparation de la crème anglaise

En préambule je donnerai comme conseil de ne JAMAIS préparer en même temps une valise et une crème anglaise.

Tout avait pourtant bien commencé. J'avais même acheté les gousses de vanille et tout.
C'est après les jaunes mélangés avec le sucre et le lait bouillu avec la vanille que ça a dérapé.
Une fois le mélange mis sur le feu, il est question de tourner la crème indéfinimment avec une cuillère en bois et d'attendre je cite "La crème est prise lorsque la mousse blanche en surface disparaît" => le problème s'est situé à ce moment précis...la mousse blanche n'est jamais apparue...d'où valise pour m'occuper en l'attendant ce qui a entraîné un oubli total de la mousse blanche.
Disons qu'elle a eu le temps d'apparaître et de disparaître avant même que je vois à quoi elle ressemble.
En revanche, ce que je peux vous dire c'est qu'un lait vanillé et appétissant s'est transformé en oeufs brouillés à tendance spongieuse et que ça n'était plus beau du tout à voir.

Sinon ma valise était assez réussie.

Step 2 : la récupération de la crème anglaise

Ni plus ni moins qu'en allant acheter de la crème industrielle chez l'ami commerçant du coin de la rue. C'est mal mais mais c'est pratique surtout quand il ne reste que 10 minutes pour finaliser le dîner.

Step 3 : la préparation des îles

Une île c'est d'abord un blanc d'oeuf bien blanc et bien cuit.

Pour cela, rien de plus simple. D'abord monter les blancs d'oeufs en neige ferme avec du sucre.

Arrive ensuite le foirage de la crème anglaise la cuisson des blancs et pour cela, 2 écoles sont possibles :
-les partisans d'une cuisson expresse au micro-ondes
-les partisans d'une cuisson maison à l'eau bouillante

A en juger par mon expérience malheureuse avec la crème, j'ai bizarrement pressenti un drame du micro-ondes à coup d'explosage massif dûe à une sur-cuisson non contrôlée, j'ai donc opté pour la sûreté avec un pochage traditionnel non moins risqué.

Le pochage en fait, rien de plus fingerinzenosesque : vous faites bouillir une marmite d'eau, vous prélevez de belles cuillères de blancs et vous les laissez tomber négligemment dans l'eau, vous attendez 2 min environ et vous les sortez avec une écumoir, vous les posez sur du papier absorbant et vous les laissez refroidir.
Bon, ça peut sembler franchement raté, surtout après avoir foiré la partie 1, mais en fait un blanc d'oeuf cuit ne peut être beau, soyons honnête. Le tout est de le présenter bien enrobé de petites choses appétissantes.

Pour le caramel je n'avais plus le temps de jouer au petit chimiste, j'ai donc limité mes dons au grillage d'amandes, nettement moins risqué, quoique...