far_breton__1_

Si vous aussi êtes un homo socialibus, vous avez déjà ou risquez d’être invité un jour à dîner chez une connaissance plus ou moins proche.

 

 

 

Pour savoir quoi faire, quoi dire, quoi réagir, suivez le petit guide ci-dessous :

 

 

 

1/ Le dîner all-inclusive

 

Votre postérieur et vous-même êtes invités à venir à une heure précise dans un lieu précis, pour partager un repas avec d’autres convives (ou pas), si possibles charmants et/ou poilants et on l’espère, intéressants.

 

Dans cette situation, vous n’avez qu’à vous munir d’un plan, d’une montre, d’un moyen de transport, et si vous avez bien assimilé le chapitre 58 du petit guide du savoir-vivre, d’une bouteille de vin de la couleur de votre choix.

 

Normalement, cette situation ne présente aucun problème majeur sauf si vous êtes fan de Rires&Chansons et le faites savoir.

 

 

 

 

 

 

 

2/ Le dîner semi-inclusive

 

a)     version soft

 

L’invitation se termine par une question subsidiaire à laquelle il est bien vu que vous répondiez, ex :

« Au fait Paulette, ça te dérangerait d’amener un petit quelque chose pour l’apéro ? »

 

Le conditionnel indique bien à Paulette qu’elle n’est pas obligée d’apporter quelque chose mais qu’elle y est fortement incitée au risque de passer pour une radasse voire une pourriture communiste si elle arrive nu-mains.

 

b)     version hard

 

Le conditionnel se transforme en clause suspensive : « Au fait Paulette, on compte sur toi pour le dessert » ( !)

 

Cela sous-entend que si Paulette ne se déchire pas un minimum sur le moelleux au chocolat, elle peut toujours rattraper le coup voire aller directement chez son voisin Picard, sinon même pas la peine de penser obtenir le code d'entrée.

 

En période de crise, cette situation s’avère avantageuse pour la réceptionniste qui économise un caddie Monop, et pour l’invité qui économisera le reste du dîner.

 

c)      version incruste

 

C’est l’invité qui fout le bordel en signalant unilatéralement sa participation au repas.

 

« Merci pour ton invitation Paulette, je te fais des crêpes Suzette ».

 

Ici plusieurs points de vue sont possibles : soit la réceptionniste le prend comme une insulte à son talent culinaire et risque de le rayer à jamais de son répertoire, soit l’invité est 3 étoiles au Michelin et là elle peut lui baiser les pieds, soit l’invité est sous-étoilé et il lui faudra de toute façon un dessert de secours mais sans le vexer ce qui est coton à envisager …

 

Dans tous les cas, mieux vaut attendre qu’on vienne vous chercher, ce qui risque d’arriver dans un cas sur deux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

3/ Le dîner self-service

 

Cette situation peut sembler conviviale mais peut tout aussi bien virer au bordel total si le minimum vital d’organisation fait défaut.

 

« J’organise une petite bouffe chez moi demain soir. Vous pouvez amener un truc ? »

 

Le problème est le suivant : Si chaque convive a la même interprétation du mot truc, les risques de manger du pinard ou de faire des pâtes aux oursons guimauve sont aussi élevés que d’ouvrir une boutique pour écouler les 50 chèvres reçus.

 

Peut être une bonne idée pour une soirée à thème.

 

 

 

4/ Le dîner mystère

 

On ne sait rien, si ce n’est qu’il a lieu le samedi 34 février 2058 à 20h18, place de la Cancoillote à Rillettes-sur-Mans.

 

Une concertation avec soi-même et les autres invités est la bienvenue, sinon tout miser sur le all-inclusive avec risque de dégénération en soirée raclette.

 

 

 

 

Concluons avec ce far, qui s'inscrit dans la partie 2/ petit c) et qui a la particularité d'avoir été adopté par la majorité des votants

 

 

 

Far Bretonisant aux fruits secs

 

-1 litre de lait écrémé

-3 oeufs

-250g de farine

-150g de sucre

-pruneaux et abricots secs

-facultatif : 1 càs de fleur d'oranger ou de rhum ou de grand-marnier ou toute substance adéquate

 

Faites tiédir le lait.

Mélangez la farine et le sucre. Ajoutez les oeufs un à un.

Ajoutez progressivement le lait chaud sur le mélange.

L'ajout d'un breuvage alcoolisé est envisageable mais pas obligatoire.

Déposez les fruit secs dans le fond d'un moule à manqué.

Versez la pâte desssus.

Enfournez 45 minutes à 210° tout en surveillant la cuisson parce qu'on est jamais à l'abri d'un dérèglage du four