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Poulet Tandoori très "tand", servi "oori", mais à la recherche de la sauce perdue

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Panacotache et son coulis de framboises au coeur moelleux et tremblotant

Etape 1 : Retrouver l'amie d'enfance

Pour cela deux conditions préalables : avoir été ami(e) avec ladite personne + avoir eu une enfance
Si les deux conditions sont réunies, vous pouvez passer à l'étape suivante, la recherche.

Pour bien rechercher une amie d'enfance, outre les traditionnels "Perdu de vue", la petite annonce dans "Libé", l'appel à témoins ou encore l'affichette dans le métro, de nouveaux moyens très modernes s'offrent désormais à vous : je citerai au hasard Internet et ses merveilleux sites "copains d'avant" ou "fessebouc", grâce auxquels refaire sa vie dans l'anonymat après une adolescence acnéique n'est plus possible.

Cependant, ces mêmes sites espions sont également sources de joies inédites lorsqu'au détour d'une vente de copain, vous tombez qouazi par hasard sur un nom connu.

Etape 2 : contacter l'amie d'enfance et resympathiser avec elle

Là encore, les cartes sont brouillées : une personne entre-aperçue une fois (ou deux selon le niveau d'alcoolémie de la soirée) deviendra votre "friend" par la magie d'un simple clic. Comment s'y prendre alors pour contacter votre amie d'enfance sans se voir cataloguer de parasite ?
A faire : citer un nom, évocateur à ses yeux de jeunes années, ce qui devrait l'amener à faire un travail mnémotechnique profond et à éventuellement vous re-situer.

Pour re-sympathiser, pas de règles, tout dépend du niveau de votre intimité 16 ans et des brouettes plus tôt, sinon tentez toujours le coup du "café pour parler du bon vieux temps", ça marche pas mal si la personne se trouve dans le même périmètre parisien que vous et qu'elle aime le café...

Etape 3 : Inviter l'amie à dîner (et aussi sa moitié parce que c'est journée portes ouvertes)

L'astuce a marché, le café a été bu et l'invitation a été lancé. Le plus dur commence : choisir le menu du repas sachant qu'en plus la copine sait que vous avez un blog, ce qui met la pression à un niveau proche de l'explosion.

3 possibilités : a) opter pour du classique, du sûr, ce qui a l'avantage de plaire au plus grand nombre et d'avoir sous le coude environ 3000 versions de la recette originale mais risque élevé de passer pour une conservatrice dotée de l'imagination d'un bulot en hibernation...
                    b) se lâcher franchement, quitte à faire passer Thierry Marx pour un moine en charentaises, mais ici le risque de se lourder est assez sévère, de plus, risque d'effrayer l'ami de l'amie dont vous ne connaissez pas le degré d'ouverture culturelle
                    c) la solution intermédiaire : du pas trop classique mais qui sort de l'ordinaire, de l'exotique mais sans le côté aventurier, du raffiné sans avoir peur d'y mettre les doigts

Ze solution : du poulet tandoori (wiz rice classique pour contre-balancer) et des panacotta à la pistache (wiz coulis de framboises pour le côté gd-mère).

Etape 4 : la réalisation du repas (drames inclus)

Ne jamais croire qu'un repas mi-classique mi-pas classique c'est du tout cuit = règle 1
Jouer la prudence = règle 2

Pour un poulet tandoori : 4 belles escalopes de poulet, 2 càs de pâte tandoori, plein de fromage blanc, 1 dé de saveur Maggi à l'oignon.
Coupez les escalopes en cubes. Mélangez le fromage blanc avec la pâte tandoori et le dé d'oignon.
Versez la sauce sur le poulet, mélangez vigoureusement pour bien l'enrober. Filmez et laissez une nuit + une journée au frigo.
Le jour j, étalez le poulet sur une feuille d'alu huilée et enfournez 2 heures à 180°. Passez sous le grill avant de servir.

Où est le drame = étaler le poulet sur une feuille alu semble une bonne idée, ça fait comme chez l'indien, l'artisanale touch en plus, sauf que omettre l'huile avant de déposer le poulet, ça aussi c'est une bonne idée quand on veut faire des décalcomanies et qu'on a une bonne heure devant soi.

Pour des panacotta à la pistache : 40 cl de lait, 40 cl de crème, 2 sachets de sucre vanillé, 2 càc d'agar-agar, 1 càs de pâte de pistache
Dans une casserole, mélangez tous les ingrédients puis portez à ébullition sans pour autant ébouillanter la cuisinière qui n'a rien demandé. Baissez le feu, laisser cuire encore quelques minutes puis filtrez la préparation pour éviter les résidus de pâte de pistache.
Répartissez équitablement dans 4 verrines. Laissez refroidir puis entreposez au frais une nuit + une journée.
Nappez de coulis de framboises avant de servir.

Où est le drame = ne jamais croire qu'un cerveau féminin peut faire deux choses à la fois (le mien si bien sûr mais sauf que là non), ex : masser le poulet avec la sauce tandoori en oubliant qu'on a une future ex panacotta sur le feu
Conséquence fatale : le lait n'aime pas qu'on le délaisse, il lui faut de l'amour et des attentions sinon il se fâche et il pleure et ça déborde et ça en fout partout et p...de m... la cuisinière est cramée aussi, et sans un stock d'éponges neuves et deux petits bras musclés, ben on reçoit en tenue de combat

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Drame n°2 : avoir remplacé le lait fugueur par du lait tout neuf ,sans penser que dans le lait fugueur y avait aussi de l'agar-agar et de la pâte de pistache, d'où déséquilibre entre le liquide, l'arôme et le gélifiant, d'où réfrigération de 36 heures bien inutile, d'où résultat tremblotant et in-pistaché, mais bon quand même grâce au coulis de mon Franprix !

 

 

 

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Epilogue : raccompagner l'amie à la porte, constater qu'elle sourit, attendre le lendemain, constater qu'il n'y a pas eu d'appels de l'hôpital ni de plainte déposée, évacuer la tension et remettre ça la semaine d'après...